Uraniborg, l’observatoire de Tycho Brahé


L’île de Ven (Suède) est située dans le détroit d’Øresund, entre le Danemark et la Suède. On peut y accéder uniquement en bateau à partir de la ville de Landskrona (Suède). L’île compte environ 360 habitants répartis en plusieurs hameaux. On arrive par Bäckviken, petit port de pêche typiquement scandinave, aux maisons en bois couleur rouge ocre. De là, vous avez plusieurs possibilités pour vous rendre à Uraniborg, situé à environ 1,5 km. Dans le port vous attendent taxis, bus, charrettes tirées par des tracteurs, ou vous pouvez également louer des vélos ou des tandems. S’il fait beau, je ne peux que vous conseiller la plus belle des solutions à mon avis : à pied, à travers d’immenses étendues de blé ondulant sous le vent du nord, comme la mer que l’on aperçoit au loin. Au bout de cette promenade, on arrive à Stjärneborg, endroit où étaient disposés tous les instruments de mesures et d’observations.

Cet observatoire a été construit en 1584. Pour réduire les vibrations dues au vent, les instruments étaient à moitié sous terre dans des fosses encore existantes, recouvertes d’espèces de coupoles munies de fenêtres à travers lesquelles on peut encore voir les fondations qui supportaient les instruments en bois qui ressemblaient à de grands sextants et à des sphères armillaires.

En face de Stjärneborg, à quelques dizaines de mètres, on arrive à l’emplacement d’Uraniborg, château que Tycho Brahé fit construire en 1576. Tycho Brahé était très riche. Son père adoptif a sauvé le roi Frédéric II de la noyade qui, pour marquer sa reconnaissance, fit don au jeune astronome d’une importante pension que Tycho utilisa pour construire Uraniborg. Le château comportait la partie habitation ainsi qu’une partie consacrée à l’observation. Il contenait entre autre des corps de logis réservés aux chercheurs qu’il hébergeait, d’un laboratoire de chimie, d’une bibliothèque dans laquelle se trouvait la pièce maîtresse de l’observatoire, un étincelant globe céleste en cuivre de un mètre cinquante de diamètre sur lequel un millier d’étoiles ont été inscrites une par une, au fur et à mesure que Tycho Brahé dressait la carte du ciel.
Le château était également muni d’un certain confort, il était équipé entre autre d’un système d’interphones et les toilettes étaient munies de chasses d’eau.

A l’heure actuelle, il ne subsiste qu’une partie des remparts qui datent de l’époque. On voit aussi la délimitation de la cour interne du château au centre de laquelle il y a encore le puits. On peut aussi distinguer au bout des remparts une cave qui était située au-dessous des logements du personnel du château, qui servait de cave ordinaire ainsi que de prison.

Le quart du jardin renaissance du château a été également reconstitué d’après des documents de l’époque. Pendant les 20 années où Tycho Brahé régnait en despote sur l’île de Ven, la vie du personnel du château ainsi que des habitants de l’île, n’était pas de tout repos. Ils travaillaient durement, notamment pour creuser les 60 étangs et un réseau de canaux, qui servaient à alimenter la roue à aubes qui faisait tourner le moulin à papier qu’il a fait construire à Möllebäcken. Il y avait également fait construire des ateliers pour réaliser et réparer ses instruments, ainsi qu’une imprimerie où il fit directement imprimer ses travaux.

Il ne reste pratiquement plus rien du château, car après le départ de Tycho Brahé, suite à un conflit avec les paysans de l’île et le roi du Danemark Christian IV (l’île de Ven a appartenu au Danemark jusqu’au 17ème siècle), le château fut démantelé pierre par pierre par les habitants de l’île qui les utilisaient pour divers ouvrages.

En 1946 fut érigé un monument à l’honneur du maître des lieux.

Attenant au château, il y a également un musée dans une petite maison au toit de chaume où l’on peut voir quelques vestiges et reproductions de l’œuvre de Tycho Brahé. La pièce maitresse du musée est un morceau d’environ deux mètres de long de l’un de ces grands sextants qui lui permettaient de mesurer la position des étoiles. Il subsiste encore quelques clous et planches ainsi que d’autres ustensiles divers.

Grâce aux gouvernements suédois et danois, à la ville de Landskrona ainsi qu’à la fondation Crafoord, le site d’Uraniborg a pu être restauré sous la responsabilité de l’architecte le professeur Sven-Ingrar Anderson. Son inauguration a eu lieu le 3 juillet 1992.

L’île de Ven, où il fait bon séjourner, est très belle et très calme. Il y a de nombreuses possibilités pour faire de belles promenades à pied ou à vélo. Vous y trouverez toute l’infrastructure nécessaire pour y séjourner : pensions, restaurants, banque, un camping, une station service ainsi que beaucoup d’artisanat local.

Le site d’Uraniborg est visitable toute l’année, mais le musée par contre n’est ouvert que de juin à septembre.
Le retour sur le continent se fait comme pour l’arrivée, de Bäckviken à Landskrona, unique ligne de ferrys.

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