La course à la Lune


Introduction

Depuis la nuit des temps l’homme observe le ciel avec crainte et respect. Parmi les objets qui brillent dans le ciel nocturne, la Lune fut probablement la première à attirer l’attention de nos ancêtres.

Au XXème siècle, la Lune aura sans nul doute stimulé l’avènement de l’astronautique. Etant notre voisine céleste la plus proche, elle constituera l’objectif naturel des apprentis sorciers qui joueront avec les fusées au cours des années quarante et cinquante. La cible sera atteinte la nuit du 20 au 21 juillet 1969 : ce sera là une des réalisations technologiques les plus importantes de tous les temps.

L’histoire de la fusée

Le désir de vaincre la pesanteur pour partir dans l’espace remonte à des temps très anciens. C’est une très longue histoire que celle qui a mené les hommes dans l’espace. Depuis les premiers écrits qui nous soient parvenus, les plus anciens sont sans doute ceux que l’on a trouvés sur des tablettes de terre cuite du roi Assurbanipal, souverain d’Assyrie, gravées quelques six cent cinquante ans avant notre ère. En signes cunéiformes, il y est question d’un monarque du nom d’Étam, qui « s’élança si haut dans les cieux que la Terre lui apparut entourée de mers, comme un pain dans une corbeille ».

Mais pour s’affranchir de l’attraction terrestre, il fallait un mode de lancement, et ce mode de lancement idéal est la fusée, qui par son accélération progressive, permet d’atteindre graduellement la vitesse voulue.

L’origine même de la fusée est d’ailleurs bien difficile à situer avec précision dans l’histoire. Ce dont on est quasiment sûr, est qu’elle fut inventée en Chine.

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Mais avant la fusée, naquit la poudre. Au début un mélange grossier de poussière de charbon, de souffre et de naphte, servait à réaliser les très redoutés « feux grégeois ». Ce mélange fut amélioré par la suite par l’ajout de ce que les Arabes appelaient la « neige de Chine » et les Perses le « sel de Chine », c’est-à-dire le salpêtre, qui apportait l’oxygène permettant la combustion. Ce mélange donna naissance au « pulverin » ou poudre noire, qui allait vite être utilisée comme poudre à canon.

Ce furent encore les chinois qui eurent l’idée d’introduire cette poudre dans des tubes de bambou pour obtenir des « bambous explosifs », utilisés deux siècles avant notre ère. Cette technique déborda rapidement des frontières du Céleste Empire pour gagner l’Europe, grâce aux Arabes, qui établirent très tôt un circuit commercial avec la Chine.

C’est probablement en 1258 que les fusées firent leur apparition en Europe. Deux ans plus tard, le moine franciscain anglais Roger Bacon qui avait beaucoup étudié cette nouvelle arme, publiait la formule d’une poudre dont les performances étaient nettement meilleures, permettant la construction de projectiles à grande portée. Son homologue allemand, Albert Le Grand, faisait de même vers 1290, en découvrant une technique de purification du salpêtre, ce qui améliora encore l’efficacité de la poudre.

La première utilisation militaire des fusées par des Européens date de 1379, lorsque l’armée de la ville de Padoue attaque Mestre près de Venise. C’est à cette occasion que l’italien Muratori utilise le terme « Rochetta« , qui deviendra « roquette » en français.

En 1429, Jeanne D’Arc utilise des fusées contre les Anglais lors du siège d’Orléans. Elle semble d’ailleurs avoir été la première à disposer d’un corps spécialisé de « fuséens » qu’on retrouvera encore pendant plusieurs campagnes militaires, qui utilisaient des « flèches de feu », des traits qui permettaient d’incendier les lignes ennemies avec leur portée de plus de 300 mètres.

Puis ce sera une éclipse de plus de trois siècles, durant lesquels il n’est plus question de fusées sur les champs de batailles. On ne parlera de fusées que comme des instruments de réjouissances. Ce fut l’avènement des feux d’artifices qui furent utilisés à chaque fête dans toutes les cours d’Europe.

En 1790, l'artificier Glück parvient à sauver des malheureux bloqués par les crues de l'Ill à Mulhouse en tirant un filin grâce à une fusée.

En 1790, l’artificier Glück parvient à sauver des malheureux bloqués
par les crues de l’Ill à Mulhouse en tirant un filin grâce à une fusée.

A Mulhouse dans la nuit du 19 décembre 1790 a lieu une première mondiale : le sauvetage de naufragés grâce à une fusée. Cette nuit-là, une crue subite de l’Ill inonde les alentours de Mulhouse et isole la maisonnette de gardiennage située à la Porte Haute hors les murs, surprenant à leur poste deux gardiens de service. Deux volontaires partent en barque pour leur porter secours. Mais au retour une forte bourrasque les fait chavirer. On envoie un radeau mais il sombre à son tour. C’est alors que l’artificier André Glück a l’idée géniale de lancer une fusée pétard à laquelle était attachée une ficelle, au-dessus des arbres où se tiennent les naufragés.

Ce menu filin permet de dérouler d’abord une corde, puis un solide câble entre la berge et les arbres. On met alors une barque à l’eau, et celle-ci amarrée au câble par une chaîne coulissante, permet de ramener à terre les quatre malheureux. (Ce tableau dessiné par Glück lui-même, est conservé au musée historique de Mulhouse).

 

Les grands pionniers

Ils sont quatre, comme les mousquetaires : Konstantine Tsiolkovski, Robert Goddard, Robert Esnault-Pelterie et Hermann Oberth. Quatre pionniers qui ne se sont jamais rencontrés, car leurs nationalités différentes et l’éloignement de leurs pays respectifs n’ont pas facilité les contacts.

Ces quatre hommes, chacun à sa façon, ont donné aux premiers rêves de conquête de l’espace une impulsion sans laquelle les missions audacieuses qui nous ont tant émerveillées n’auraient jamais pu se réaliser.

 

Konstantine Edouardovitch Tsiolkovsi (1857-1935)

Konstantine Edouardovitch Tsiolkovsi (1857-1935)

Konstantine Edouardovitch Tsiolkovsi
(1857-1935)

Il est russe (l’Union Soviétique n’existe pas encore). Dur d’oreille à la suite d’une scarlatine contractée à neuf ans, Constantin Tsiolkovski est refusé dans les écoles traditionnelles et devient autodidacte ; il apprend tout seul les mathématiques. Grâce à son goût pour les études, son père l’envoie étudier à Moscou. En 1882, à 25 ans, il est nommé professeur de mathématiques et de physique. Indépendamment de son travail d’enseignant, il travaille constamment à divers sujets scientifiques comme les moteurs à vapeur, les radiations stellaires, les dirigeables, etc.

Dans son ouvrage théorique L’Exploration de l’espace cosmique par des engins à réaction en 1903, il décrit une fusée à propergol liquide (hydrogène/oxygène) qui serait assez puissante pour se libérer de l’attraction terrestre et atteindre d’autres planètes. Il aborde la technique du mélange des propergols, la forme de la chambre de combustion, son refroidissement par circulation du carburant, le guidage de la trajectoire par surfaces mobiles placées dans le jet de gaz, la stabilisation gyroscopique de la fusée, principes qui seront repris par la suite.

Il écrit la loi fondamentale du rapport de masse impliquant le découpage de la fusée en plusieurs étages. Il calcule aussi les différentes vitesses entrant en ligne de compte en astronautique et connues sous le nom de vitesses cosmiques. Il décrit une station interplanétaire qui serait composée de plusieurs éléments séparés, et dont l’orbite pourrait être modifiée. Enseignant solitaire et sans véritable soutien, il est aussi trop en avance sur son époque pour obtenir les moyens d’expérimenter ses idées. Reconnu à la fin de sa vie, il a alors 60 ans, il est élu à l’Académie des Sciences de l’URSS en 1918.

Grand visionnaire, le savant russe ne construit toutefois jamais de fusée. Mais il n’en demeure pas moins le grand théoricien de l’astronautique, car toute ses vues se sont révélées justes. Il a seulement manqué d’optimisme, car il n’imaginait pas que le premier voyage humain sur la Lune put intervenir avant l’an 2017 ! Son nom est attaché à la célèbre phrase : « La Terre est le berceau de l’humanité, mais on ne reste pas éternellement dans son berceau« .

 

Robert Hutchings Goddard (1882-1945)

Robert H. Goddard 1882 - 1945

Robert H. Goddard 1882 – 1945

Citoyen américain, il est autant marqué par la lecture de publications scientifiques que par celles des œuvres de science-fiction. Dès 1919, il prédit la possibilité d’envoyer une fusée vers la Lune. Il imagine d’abord des fusées équipées exclusivement d’instruments de recherche scientifiques, puis s’enhardit et envisage d’y installer un passager. Cette idée folle pour l’époque lui vaut le surnom de « Moon Rocket Man » dans les journaux de l’époque. Il est l’artisan du premier lancement d’une fusée utilisant des carburants liquides. Le 16 mars 1926, la « Goddard Rocket » s’élève à 12 mètres en 2,5 secondes. La vitesse de sa maquette approche les 100 km/h et parcourt 56 mètres avant de s’abimer. Malgré son ingéniosité et la portée de ses découvertes, Goddard ne sera pas soutenu. Il reste l’auteur de plus de deux cents brevets ayant pour la plupart inspiré ses contemporains et leurs successeurs.

En 1904, lors du discours de fin de classe qu’il donne, privilège accordé à l’élève ayant obtenu les meilleures notes, Goddard prononça cette phrase qui deviendra sa ligne de conduite pour le reste de sa vie : « Il est souvent prouvé que les rêves d’hier sont l’espoir d’aujourd’hui et la réalité de demain« .

 

Robert Esnault-Pelterie (1881-1957)

Robert Esnault-Pelterie (1881-1957)

Robert Esnault-Pelterie (1881-1957)

Inventeur français, il est sans doute le moins connu des quatre pionniers. Son action fut certes de loin la moins importante, mais il mena sa vie durant, une campagne active pour intéresser le public à l’aventure spatiale. En 1912, à Saint Petersbourg, il prononce un discours qui fera date. Il est l’initiateur de la première conférence publique jamais consacrée à la conquête de l’espace. A cette occasion, il dévoile le mot « astronautique » dont il est au demeurant l’inventeur. En 1930 il publie l’Astronautique, un ouvrage considéré comme la bible du voyage dans l’espace.

 

Hermann Oberth (1894-1981)

 

Hermann Oberth (1894-1981)

Hermann Oberth (1894-1981)

 

Il est Allemand, passionné par l’espace grâce aux lectures des livres de Jules Verne. En 1923, il fut nommé « Professeur Secundar » à l’Université de Munich et présente la première thèse de Doctorat au monde sur la navigation interstellaire « Die Rakete zu den Planetenraümen » (Des fusées dans l’espace interplanétaire) thèse qui ne sera pas validée mais qui connaîtra un certain succès sous forme de livre. Il croit fermement aux thèses de Tsiolkovski et Goddard préconisant l’emploi de carburants liquides dans les fusées. Homme de communication et propagandiste, il fonde en 1927 « das Verein für Raumschiffart » (la « Société pour les Voyages Spatiaux« ). A travers ce groupe il tente sans répit de transmettre ses convictions aux militaires allemands. Il leur assure qu’utilisées comme « missiles », les fusées balistiques peuvent effectuer des bombardements à très longue portée. Parmi les membres de son association se trouvent de jeunes ingénieurs. L’un d’eux, Wernher Von Braun, apparaît vite comme un surdoué.

En 1929 Herman Oberth participe comme conseiller à la réalisation du film de Fritz Lang, « Une femme dans la Lune ». C’est durant la réalisation de ce film qu’Oberth aurait inventé le compte à rebours, le fameux 5, 4, 3, 2, 1, 0 qui accompagne le lancement des fusées. Il a imaginé ce stratagème pour créer un suspense, afin de faire monter la tension entre l’ordre de tir et le moment où la fusée s’envole.

En 1969 lors du premier voyage humain sur la Lune, il fut le seul parmi les quatre grands précurseurs, qui vivait encore et put voir son rêve se réaliser grâce à un de ses jeunes ingénieurs Wernher Von Braun.

 

La course aux armements

C’est le conflit mondial qui déclenche en 1939 une course effrénée aux armements, déjà commencée par les allemands depuis plusieurs années. La mise au point des premières armes de terreur s’organise.

Les armes de représailles allemandes

Le Fieseler Fi-103, plus connu sous l’appellation de V1 (Vergeltungswaffe 1)

V1 (Vergeltungswaffe 1)

V1 (Vergeltungswaffe 1)

C’est un précurseur du missile de croisière moderne, une sorte d’avion sans pilote, une arme relativement simple et peu coûteuse. Il est catapulté depuis une rampe de lancement qui peut être mobile. Cette cible est difficile à détecter et à détruire par l’aviation alliée. La vitesse initiale acquise pendant le décollage, 250km/h, permet le démarrage du moteur, un pulsoréacteur. La vitesse de croisière est de 650km/h, plus rapide que les avions de chasse du moment, ce qui rend les V1 difficiles à intercepter. La portée maximale de l’ordre de 250 km suffit pour atteindre Londres avec 850 kg d’explosifs, au départ des côtes françaises, belges, et hollandaises.

 

Le V2 (Vergeltungswaffe 2) : l’arme de la conquête spatiale

V2 (Vergeltungswaffe 2)

V2 (Vergeltungswaffe 2)

Parmi les poulains de l’équipe d’Oberth, le jeune Wernher Von Braun progresse à pas de géant. Il soutient sa thèse de doctorat en 1934 à l’Université Friedrich-Wilhelm à Berlin où elle est estimée si importante que les autorités décident de la classer « Secret d’État », afin de ne pas la laisser dans les archives de l’université. Il a eu la mention « eximium » (extraordinaire, la plus haute distinction possible). Elle ne fut publiée qu’en 1960 !

L’élève a dépassé le maître !

Pendant les heures sombres du nazisme, Von Braun était Directeur Technique du Centre d’Essai de Peenemünde, qui assura entre 1939 et 1942, la fabrication de la fusée A4 (Aggregat 4) plus connue sous le nom de V2 (Vergeltungswaffe 2).

Le SS- Sturmbannführer Von Braunparmi des dignitaires nazis

Le SS-Sturmbannführer Von Braun parmi des dignitaires nazis

Même si Von Braun a toujours revendiqué n’avoir jamais porté l’uniforme allemand, il était quand même SS-Sturmbannführer, promu par Himmler en personne.

La fabrication des V2 fera plus de morts que leur utilisation comme arme (plus de 20’000 prisonniers ont perdu la vie dans le camp de Dora-Mittelbau). Dans son livre autobiographique, Wernher Von Braun n’admet pas de responsabilité, minimisant sa position dans le camp.

Il affirmera toujours n’avoir rien su de la souffrance des déportés et des morts de Dora-Mittelbau. D’après des survivants du camp, cette ignorance est invraisemblable.

 

L’arme suprême des nazis mesure 15 mètres de haut pour 1,65 mètre de diamètre et son poids au décollage atteint 14 tonnes. Ce chiffre inclut une charge explosive d’une tonne. Elle atteint une vitesse maximale de Mach 4 à 90 km d’altitude. L’impact de l’utilisation des V2 a eu un effet plutôt psychologique que tactique en raison de leur précision toute relative. Le nombre de victimes était moins important qu’on aurait pu l’imaginer. La région londonienne a quand-même été touchée par 1350 V2 !

Le projet "Schwimmweste"

Le projet « Schwimmweste »

Les nazis développèrent, sur la base des V2, le projet « Schwimmweste », qui consistait à lancer une fusée V2 à partir de la mer. Le missile était placé dans un conteneur étanche, puis tracté à l’horizontal par un sous-marin. Arrivé à son lieu de lancement, le conteneur était mis en position verticale par un système de ballaste, puis l’extrémité du conteneur s’ouvrait ce qui permit le lancement du missile. Ce projet fut surtout élaboré pour atteindre des villes américaines en s’approchant au plus près de ses côtes. Des essais concluants furent réalisés avec des fusées à poudre, mais le projet, arrivé trop tard, fut abandonné au profit des lancements terrestre.

Lance roquette Katioucha

Lance roquette Katioucha

Au même moment, les soviétiques élaborèrent une arme redoutable, la fameuse Katioucha, imaginée par le Général André Kostskov et développé par Gueorgui Langemak et un certain Sergeï Korolev. C’était un lance-roquette multiple, aligné sur un véhicule. Plusieurs batteries étaient généralement alignées dans le but de créer un tir de barrage et de destructions très important. Leur formidable puissance de feu était néanmoins altérée par une forte imprécision de tir. Elle était surnommée par les Allemands « orgue de Staline » (Stalinorgel) à cause notamment du rugissement caractéristique que chaque roquette produisait lors de son tir. De plus, le fait que celles-ci soient disposées en rangées sur un châssis de camion, pouvait effectivement faire penser à un ensemble de tuyaux d’orgue.

 

Opération « Paperclip »

Lorsque les américains et leurs alliés, y compris l’armée soviétique, investissent à marche forcée l’Allemagne nazie, l’urgence est la recherche des armes, des technologies et des savants. L’objectif premier est de les rendre inutilisables. Le second est de s’en emparer. A la fin de 1944, Von Braun et son équipe sentent le vent tourner avec la multiplication des bombardements alliés. L’avancée de l’armée rouge est précédée d’une grande terreur. Le patron de Peenemünde réunit ses 3000 meilleurs collaborateurs. Il leurs explique que s’ils ne partent pas de Poméranie, ils seront fait prisonnier par les soviétiques. Son choix personnel est de gagner le sud, accompagné de ceux qui le souhaitent, afin de se trouver dans une zone où il sera possible de se rendre aux américains.

Von Braun se rend aux américains le 2 mai 1945

Von Braun se rend aux américains le 2 mai 1945

Il se réfugie avec ses plus fidèles collaborateurs à Oberammergau dans les Alpes bavaroises. Le 2 mai 1945, au lendemain du suicide d’Hitler, le savant et ses compagnons voient arriver les GI, pour eux la seule porte de salut. Côté américain, la capture de Von Braun et son équipe porte le nom de « Opération Paperclip », appelée originellement « Opération Overcast ».

Le 20 septembre 1945, il arrive aux États-Unis.

Là, Von Braun et les scientifiques de son équipe sont transférés à Fort Bliss au Texas, une vaste base militaire de l’armée de terre.

Le 15 avril 1955, Von Braun acquiert la nationalité américaine.

 

Toujours plus haut, toujours plus vite !

Le premier être humain à vraiment « tutoyer » le ciel, était sans conteste le savant et visionnaire suisse Auguste Piccard, qui s’envola, accompagné de l’ingénieur Suisse Paul Kipfer, avec un ballon libre dans la stratosphère, atteignant dans un habitacle étanche l’altitude record de 15781 mètres lors de son premier vol le 27 mai 1931. Ils furent à cette occasion les premiers humains à pouvoir admirer la courbure terrestre. Il réitère cet exploit, accompagné cette-fois-ci par l’ingénieur Belge Max Cosyns, le 18 aout 1932, battant son propre record en atteignant une altitude de 16940 mètres.

Premier vol stratosphérique d'Auguste Piccard le 27 mai 1931

Premier vol stratosphérique d’Auguste Piccard le 27 mai 1931

Ce savant visionnaire inspira Hergé pour le personnage du Professeur Tournesol, éminent savant qui emmena Tintin sur la Lune.

L’exploit d’Auguste Piccard trouvera ses successeurs, en premier en la personne de Joseph Kittinger surnommé « l’homme d’acier », un pilote de l’US Air Force, qui participait au projet « Excelsior » dans les années 50. Son premier vol l’emmena à une altitude de 23287 mètres en novembre 1959. Au cours de sa chute libre, ou il perdu connaissance, il battit bien involontairement, le record de l’accélération supportée par un être humain avec 22G ! Trois semaines plus tard, il effectue un nouveau saut à 22769 mètres, puis le 16 août 1960, il saute d’une altitude de 31300 mètres. Il gardera ce record jusqu’à ce que Félix Baumgartner le batte, 52 ans plus tard, le 14 octobre 2012, avec un saut de 39045 mètres, record battu récemment par le Vice-Président de Google Alan Eustace, le 25 octobre 2014 avec un saut de 41419 mètres !

 

Le mur du son est un phénomène physique aérodynamique caractérisé par l’atteinte d’une vitesse au moins égale à celle du son dans l’air, soit 340 mètres par secondes, ou 1224 km/h également appelé Mach1 et provoquant une onde de choc sous forme de bang supersonique.

Le terme mur du son à d’abord une signification historique. Lorsque les aviateurs de la Seconde Guerre mondiale ont commencé à s’approcher de cette limite, ils ont remarqué des phénomènes d’instabilité et un « durcissement » des commandes de l’avion. Cette combinaison a rendu l’approche de cette limite particulièrement difficile, au point que les aviateurs avaient fini par l’appeler le « mur du son ». A la fin de la guerre, en avril 1945, le pilote allemand Hans Guido Mutke, aurait été le premier à passer le mur du son lors d’un piqué à 12000 m avec son Me262, au cours duquel son cadran est resté bloqué sur 1100km/h après de violentes secousses.

Le 16 mars 1945, la division d’essai en vol de l’USAAF et de la NACA (ancêtre de la NASA), ont développé le programme X-Planes dans le but de franchir le mur du son. Pour ce faire, la Bell Aircraft Corporation, a conçu le XS-1, rebaptisé X-1 ou Bell X-1 en 1962, un avion expérimental à moteur fusée. Le X-1 n’est ni plus ni moins qu’une « balle ailée », copié par les ingénieurs de Bell sur le modèle d’une balle de calibre 12,7mm, pour être stable à vitesse supersonique.

Le capitaine Chuck Yeager et son X-1

Le capitaine Chuck Yeager et son X-1

Du fait de la forme peu conventionnelle de l’appareil, le pilote se trouve assis dans une cabine étroite dans le nez de l’avion. Il est propulsé par un mélange d’éthanol et d’oxygène liquide et a une autonomie de 2min30s. Bien que le X-1 puisse décoller par ses propres moyens, au vu de sa faible autonomie, il est décidé de le larguer d’un avion porteur B-29.

Après de nombreux vols d’essai, le 14 octobre 1947, le capitaine Chuck Yeager, alors âgé de 24 ans, décolle à bord d’un X-1 fixé sous un B-29. Après son largage, il atteint à 10h18m à une altitude de 13000m, la vitesse de Mach 1,06. Au sol près de la base de Muroc (maintenant Edwards) dans le désert de Mojave, les personnels au sol ont pu entendre pour la première fois le « bang » supersonique, qui leur fit croire en premier lieu à l’explosion de l’avion.

Les recherches menées lors du programme X-Planes servent de base à tous les programmes suivants. Les procédures développées par la NACA lors des essais des X-1 facilitent le développement du programme spatial américain dans les années 1960. Les données collectées lors de ce programme permettent aux américains de développer une nouvelle génération d’appareils de combat assurant la suprématie de l’aviation américaine pour la seconde moitié du XXème siècle.

Un pilote d’essai en particulier, dont on parlera beaucoup par la suite, se fera remarquer en pilotant pour le programme X-Planes les avions fusées X-1B, X-5 et X-15 ; c’est un certain Neil Armstrong.

 

La course à l’espace

Tandis que Tintin vient le premier de fouler virtuellement du pied le sol de la Lune en 1953, l’Union Soviétique gagne la première manche d’une course effrénée face à l’Amérique. Bien que ce soit les soviétiques qui aient satellisé le premier objet autour de la Terre, Spoutnik 1, le 4 octobre 1957, ce qui eut un effet d’électrochoc de l’autre côté de l’atlantique, ce sont les américains qui firent les premiers une incursion dans l’espace, le 24 juillet 1950 en lançant depuis Withe Sands en Floride un missile Bumper-V2, première fusée à deux étages à pénétrer le vide spatial.

A ce moment-là, Wernher Von Braun est cantonné à Huntsville dans l’Alabama, où il travaille pour l’armée de terre sur le missile Redstone qui est un dérivé du V2 rebaptisé Jupiter-C. Les dirigeants américains ne souhaitent pas que ce soit un missile qui lance dans l’espace le premier satellite civil. Et en plus, ils se méfient aussi de l’image internationale qu’offre une équipe « allemande ».

Ce fut donc la fusée Vanguard de la Navy qui fut choisie pour mettre en orbite le premier satellite américain, Pamplemousse, ne pesant que 1,8kg contre 83,6 kg pour Spoutnik 1.

Pickering, Van Allen et Von Braun tenant la réplique du satellite Explorer 1

Pickering, Van Allen et Von Braun tenant la réplique du satellite Explorer 1

Mais le lanceur de la marine américaine, Vanguard tarde à être au point. Les échecs succèdent aux échecs. Contraints et forcés les dirigeants américains se tournent enfin vers Von Braun. Le missile Redstone de l’Army obtient de bons résultats. La version Jupiter-C offre des capacités plus importantes que le V2, mais c’est un petit lanceur, une miniature comparé à la fusée de Korolev. C’est ainsi que le 31 janvier 1958, deux satellites de retard après les Russes (Spoutnik 1 et 2), Explorer1 prend enfin le chemin de l’orbite terrestre. La seule consolation, si l’on peut dire, est d’ordre scientifique avec la découverte, grâce à Explorer, de la ceinture de Van Allen. Si les américains n’avaient pas mis Von Braun en retrait, la donne aurait sans doute changé !

Mais les soviétiques ont entre temps pris une avance considérable avec l’envoi du premier être vivant dans l’espace ; la chienne Laïka le 3 novembre 1957. Le 28 mai 1959, enfin une petite victoire américaine. Deux singes, Able et Baker, deux petits singes écureuils, décollent à bord d’une capsule placée au sommet d’une fusée Jupiter-C conçue par Von Braun. Petite victoire, car il ne s’agit que d’un vol suborbital, un vol balistique d’une vingtaine de minutes. Mais l’honneur est sauf car les deux passagers sont récupérés vivants ce qui n’était pas le cas de la chienne Laïka.

 

Le programme MERCURY

Bien que réticent à investir massivement dans le spatial civil, le président américain Eisenhower décide le 29 juillet 1958 la création d’une agence spatiale civile, la NASA qui doit permettre de fédérer les efforts américains pour mieux contrer les réussites soviétiques. Celle-ci est créée sur la base de l’ancienne NACA (National Advisory Committee for Aeronautics), organisme chargé de la recherche dans le domaine de l’aéronautique de 1915 à 1958 : la course à l’espace est lancée. En 1950 le monde est en pleine guerre froide. Les blocs Est et Ouest s’affrontent, et les programmes spatiaux, outre leur intérêt scientifique, seront aussi une des armes clé du combat. Tout en étant un des meilleurs moyens d’afficher son avance technologique, la conquête spatiale permettait aussi d’influencer l’opinion publique. La première nation qui enverra un objet dans l’espace sera aussi capable d’envoyer un missile intercontinental. C’est aussi en grande partie grâce à cette rivalité que le progrès en matière de propulsion fut gigantesque et en moins de 30 ans, depuis l’apparition de la première fusée allemande, l’humanité réussit à atteindre la Lune.

Le programme Mercury, qui visait l’envoi d’un américain dans l’espace, fut décidé le 26 novembre 1958, avec l’aval du Président Eisenhower, juste après la création de la NASA qui ne comptait que quelques semaines d’existence.

 

Anatomie de Mercury (lanceur et capsule)

 

Pour les premières incursions habitées dans l’espace, la NASA utilisa les fusées Redstone, issues des missiles Redstone, modifiée par Von Braun. Du fait de sa puissance limitée, la Mercury-Redstone ne permettait qu’un vol suborbital. Avec une masse totale de 30 tonnes, une hauteur de 25,41 m et 1,78 m de diamètre, elle pouvait emporter une charge utile de 1,8 tonne.

Pour les missions Mercury suivantes, ce lanceur fut remplacé par la fusée Atlas plus puissante.

Fusée Mercury - Redstone

Fusée Mercury – Redstone

La fusée Atlas qui permit la satellisation des astronautes américains est elle, issue du premier missile balistique intercontinental américain mis au point à la fin des années 1950. Initialement le lanceur est une fusée mono étage, que l’on modifie en lui ajoutant un ½ étage en plus. Avec une hauteur de 24,99 m et un diamètre de 3,05 m elle pouvait satelliser le vaisseau spatial habité.

Au sommet de ces fusées était placée la capsule Mercury. Premier vaisseau spatial américain, de taille particulièrement petite, Mercury n’était prévu que pour un seul passager.

Les dimensions du vaisseau, qui pèse 1,5 tonne, ont été calculées au plus juste à partir de la taille de la couchette moulée de l’astronaute. Celui-ci y est sanglé les genoux pliés pour mieux résister à l’accélération qui culmine à 11G durant la rentrée atmosphérique. L’astronaute, adossé à la base du cône, d’un diamètre extérieur maximum de 1,89 mètre, dispose d’un espace pressurisé de 1,7 m³. Face à lui, ainsi qu’à sa droite et à sa gauche, se trouvent les panneaux de contrôle qui lui permettent de surveiller les principaux paramètres de son vaisseau et d’effectuer sa navigation.

Un hublot d’observation est placé sur le flanc du cône face à l’astronaute mais celui-ci utilise également un périscope lui permettant d’observer la surface de la Terre pour les calculs de navigation.

Avec un espace pressurisé de 1,7m3, le vaisseau Mercury n'est prévu que pour un passager

Avec un espace pressurisé de 1,7 m3, le vaisseau Mercury n’est prévu que pour un passager.

En cas de défaillance du lanceur au décollage ou dans les premières phases du vol, le vaisseau devait pouvoir être écarté le plus rapidement possible du lanceur pour lui permettre d’échapper aux conséquences d’une explosion. Pour cela la capsule était équipée d’une tour de sauvetage. Elle est constituée d’un propulseur à propergol solide de 25 tonnes de poussée, doté de trois tuyères et monté au sommet d’un échafaudage de poutrelles métalliques lui-même placé au sommet du vaisseau Mercury. Si une situation catastrophique est détectée, le système d’interruption de mission active la tour de sauvetage. Le propulseur à poudre est mis à feu durant 1 seconde et arrache la capsule à la fusée pour l’en éloigner.

Lorsque la mission en orbite est achevée, la rentrée dans l’atmosphère est déclenchée soit manuellement par l’astronaute ou les contrôleurs au sol, soit automatiquement grâce à l’horloge de bord qui permet au calculateur embarqué de déterminer le moment précis de la mise à feu des rétrofusées afin d’amerrir dans la zone de récupération planifiée. Le déclenchement des rétrofusées doit se faire alors que la capsule est située à 5 500 km de la verticale du lieu d’amerrissage. Le vaisseau entame alors sa rentrée atmosphérique avec un angle de rentrée négatif qui est maintenu à 1,5° avec une décélération qui peut culminer à 11G.

Le baromètre de bord informe le calculateur de bord lorsque l’altitude devient inférieure à 6 km. Celui-ci met alors à feu un mortier qui déploie un premier petit parachute de 2 mètres de diamètre chargé de stabiliser la capsule ainsi que des paillettes métalliques qui doivent permettre son repérage par les radars des navires chargés de sa récupération. À 3 km d’altitude, le compartiment de l’antenne situé au sommet de la capsule est séparé de celle-ci par un dispositif pyrotechnique et déclenche l’extraction du parachute principal de 20 mètres de diamètre. Si celui-ci ne s’ouvre pas complètement un parachute de réserve de même taille peut être déployé.

Après l’amerrissage, le parachute est automatiquement largué, une antenne est déployée pour permettre l’émission d’un signal de repérage, et une lampe-flash située sur le compartiment à parachute est allumée, puis l’astronaute et la capsule spatiale sont récupérés par un hélicoptère.

 

Le chimpanzé "HAM"lancé le 31 janvier 1961

Le chimpanzé « HAM » lancé le 31 janvier 1961.

C’est le programme Mercury qui lança le premier hominidé dans l’espace, le chimpanzé 65, singe lancé le 31 janvier 1961, issu du programme médical spatial Holloman Aerospace Medical Center (Centre de Médecine Aérospatiale Holloman), qui lui donna, après la mission, le nom de HAM. Il réussit, pendant son vol suborbital de 6 minutes tous les tests auxquels il a été préparé. Né en août 1956, il vivra 17 ans après son vol au Parc zoologique national de Washington, puis au Zoo de Caroline du Nord à Asheboro, où il mourut en 1983 à l’âge de 26 ans. Sa tombe se trouve devant le Musée de l’histoire spatiale du Nouveau-Mexique, à Alamogordo.

Le premier astronaute américain à être satellisé autour de la Terre est encore un singe. C’est le chimpanzé Enos qui accomplit un vol en orbite terrestre d’une durée de 88 minutes, le 29 novembre 1961, dix mois après le « saut de puce » d’Alan Shepard.

Mais ce ne sont que des primates, alors qu’en face, voilà déjà 6 mois qu’un homme a fait le tour de la Terre !

Au total, les équipiers de Korolev ont lancés près d’une cinquantaine de chiens et une douzaine de singes lors de la mise au point de leurs vaisseaux spatiaux. Les américains, eux, n’ont utilisés qu’une quinzaine de primates. Beaucoup sont morts de part et d’autre pour cette cause.

 

L’étoffe des héros

 

De gauche à droite debout: Alan B. Shepard, Walter Schirra, John H. Glenn  De gauche à droite assis : Virgil Grissom, Scott Carpenter, Donald Slayton, Gordon Cooper

De gauche à droite debout: Alan B. Shepard, Walter Schirra, John H. Glenn
De gauche à droite assis : Virgil Grissom, Scott Carpenter, Donald Slayton, Gordon Cooper

Pour piloter ce vaisseau, la NASA a lancé un appel à candidatures à laquelle se sont présentés plus de 10’000 volontaires. Après une sélection poussée à l’extrême, tant au point physique, psychologique et intellectuel des candidats, de tous ces protagonistes il ne restera que 7 futurs astronautes ayant répondu à tous les critères de sélection.

Ce sont les « sept premier », The Original Seven. Leurs noms entreront à jamais dans l’histoire de la conquête spatiale : à savoir, Scott Carpenter, Gordon Cooper, John Glenn, Virgil Grissom, Walter Schirra, Alan Shepard et Deke Slayton.

C’est en hommage à la cohésion de leur groupe que chaque astronaute adjoindra le chiffre 7 au nom de sa capsule.

Pour ce faire il fallait être pilote d’essai, léger, environ 70 kg, et mesurer au plus 1 mètre 70.

 

  • Le premier astronaute sélectionné pour devenir le premier américain dans l’espace fut Alan Shepard. Mais il ne fut que le deuxième homme dans l’espace, alors qu’il aurait pu être le premier !

 

Hormis un petit problème de relais électrique, le vol du singe HAM à bord de Mercury, le 31 janvier 1961, fut un succès incontestable. Néanmoins, la NASA refusa de faire du vol suivant prévu le 24 mars, un vol habité malgré les protestations de Shepard qui se voyait fort bien à bord. Ce vol du 24 mars fut une réussite complète, ce qui mit Shepard dans une colère noire. Si Von Braun avait accepté, il aurait été le premier homme dans l’espace, 19 jours avant Gagarine qui lui, fit son vol le 12 avril à bord de Vostok 1.

La première fusée choisie est une Redstone 3. La première capsule Mercury porte le nom de Freedom 7, pilotée par Alan Shepard. Le 5 mai 1961, il décolle de Cap Canaveral pour un vol suborbital, un vol balistique d’une durée de 15 min 22 s, pendant lequel il reste seulement trois minutes en impesanteur.

Au début des vols habités américains, la durée des séjours dans l’espace se résumaient à faire un bon au-dessus de l’Atlantique. C’était l’affaire d’une ou deux heures, puis le vaisseau rentrait sur Terre. A condition d’avoir pris ses précautions avant le départ, l’astronaute n’avait pas besoin de faire ses besoins pendant le vol et il n’était pas utile de prévoir un « petit coin » dans la capsule. Mais lors de son premier vol, le compte à rebours se prolongeait suite à de petits incidents de dernières minutes. Shepard commença à éprouver le besoin d’uriner. Après avoir signalé par radio la situation, on lui expliqua qu’il n’était pas question de le faire sortir de la fusée. Trop compliqué. Il était à bout et ne tenait plus. Il insista qu’on lui coupât le courant qui alimentait les différents capteurs qui équipaient sa combinaison afin d’éviter les courts-circuits et demande l’autorisation de se soulager. Ce qui fut accepté. Il eut le dos humide, mais la climatisation de sa combinaison lui fit retrouver au bout de quelques minutes une situation plus agréable. C’est ainsi que Shepard partit dans l’espace.

  • Le 27 juillet 1961, c’est au tour de Virgil « Gus » Grissom de devenir le deuxième américain dans l’espace. C’est encore une incursion suborbitale de 16 min effectuée à bord de la capsule Liberty Bell 7, lancée par la fusée Redstone 4. La capsule avait une nouveauté : une écoutille à dé-ancrage explosive, ce qui permettait en cas de problème d’évacuer en urgence le vaisseau. Cette écoutille posa problème lors de l’amerrissage en s’ouvrant sans que cela ne fût prévu. L’eau s’est rapidement engouffrée dans la capsule, forçant Grissom à en sortir, puis elle coula à pic. Grissom fut sauvé de justesse, car sa combinaison n’était pas conçue pour la nage, elle prenait l’eau par le col, lestant dangereusement l’astronaute. Pendant des années, les médias ont accusé à tort, que Grissom a été pris de panique et aurait déclenché l’écoutille, chose qui fut démentie par la NASA après enquête. Mais il fallut tout de même attendre 38 ans que la capsule Liberty Bell soit repêchée. L’enquête, détermina qu’une fissure, qui a été recouverte lors de la peinture du nom du vaisseau, était à l’origine de l’incident. Ceci permit de blanchir définitivement, mais à titre posthume Gus Grissom.
John Glenn 18 juillet 1921

John Glenn 18 juillet 1921

Finalement le premier américain en orbite autour de la Terre sera John Glenn à bord du vaisseau Friendship 7 lancé par la fusée Mercury-Atlas 6. Après avoir été repoussé à 20 reprises, Glenn décolla le 20 février 1962. Il est alors le premier américain à ressentir les effets de l’impesanteur, qu’il décrit comme une sensation agréable. Il effectuera trois orbites. Après 4 heures et 55 minutes de vol, la capsule est rentrée dans l’atmosphère et a été récupérée dans l’Océan Atlantique par le navire USS Noa. Enfin les américains sont à l’égal des soviétiques, mais on observe que près d’un an s’est écoulé entre le vol de Glenn et celui de Gagarine !

  • Glenn sera suivi en orbite terrestre par Scott Carpenter qui fera lui aussi 3 orbites soit 4h56m de vol, le 24 mai 1962 à bord de la capsule Aurora 7, lancée par la fusée Mercury-Atlas 7.

Par suite à un retard de 3 secondes dans l’allumage des rétrofusées destinées à faire redescendre le vaisseau, il se retrouva à 400 km du point d’amerrissage prévu !

 

Pendant le programme Mercury, le 25 mai 1962, lors de son discours au congrès, le Président Kennedy donna le départ de la conquête de la Lune : « We chose to go to the Moon …. », « Je crois que cette nation se doit d’atteindre le but, d’ici la fin de cette décennie, d’envoyer un homme sur la Lune et de le faire revenir sain et sauf sur Terre …« . Le coup d’envoi est donné !

 

  • Le 3 octobre 1962 ce fut au tour de Wally Schirra de prendre la direction de l’espace. A bord de la capsule Sigma 7, lancée par la fusée Mercury-Atlas 8, il accomplit 6 orbites d’une durée de 9h13m. Wally Schirra était le seul astronaute à avoir participé aux trois missions spatiales en volant sur Mercury 8, Gemini 7, et Apollo 7.
  • L’ultime vol des missions Mercury fut accompli par Gordon Cooper, le 15 mai 1963, à bord de la capsule Faith 7, lancée par la fusée Mercury-Atlas 9, qui lui fit accomplir 22 orbites. Ce fut le premier américain à dépasser la journée et à dormir en orbite avec un vol de 1j10h20m. Il fut aussi le dernier américain à aller seul dans l’espace. Gordo était réputé pouvoir dormir n’importe où et dans n’importe quelle circonstance. Une fois de plus il ne dérogea pas à sa réputation, car à peine le compte à rebours lancé, les techniciens au sol entendirent dans leurs casques des ronflements ! « Gordo » s’était endormi du sommeil le plus profond et ils eurent le plus grand mal à le réveiller.

 

L'équipage Apollo – Soyouz De gauche à droite :Slayton, Stafford, Brand, Leonov et Kubasov

L’équipage Apollo – Soyouz
De gauche à droite : Slayton, Stafford, Brand, Leonov et Kubasov

Parmi les 7 astronautes sélectionnés par le programme Mercury, Deke Slayton devait être le deuxième américain en orbite autour de la Terre, en mai 1962, au bord de la capsule qu’il avait baptisée Delta 7. Mais le sort en a décidé autrement. Lors d’une séance de centrifugeuse, on lui décela une légère arythmie cardiaque ce qui lui valut d’être écarté des vols pour raison de santé. Par la suite il fut nommé responsable de l’affectation des astronautes entre 1963 et 1972. C’est lui qui a désigné les équipages des missions Gemini et Apollo. Slayton, dit le « Parrain » des astronautes, appliquait un système de rotation des équipages. L’équipage de réserve d’une mission devenait équipage principal trois missions plus tard. En 1972, il recouvre totalement son habilitation au vol et est réintégré dans les corps des astronautes. Le 9 février 1973 il est sélectionné pour la mission américano soviétique Apollo-Soyouz et après 17 ans d’attente il put enfin réaliser son rêve en décollant le 15 juillet 1975 en direction de l’espace.

 

La capacité du vaisseau Mercury est trop limitée pour les missions que la NASA envisage dans la perspective du programme Apollo. Le vaisseau Mercury est abandonné à compter de 1964 au profit du vaisseau Gemini. Après quatre années d’effort, le programme Mercury prend fin. Il a coûté 400 millions de dollars, le prix d’une mission Apollo ! Après des débuts difficiles, Mercury se termine sur un triomphe.

 

Le programme Gemini

Huit ans pour atteindre la Lune, c’est court. Lorsque le Président Kennedy formule son défi, John Glenn vient à peine de faire son vol de trois orbites autour de la Terre à bord d’une capsule Mercury.

Les États-Unis n’ont encore aucune expérience des vols habités. Comment concilier toutes les techniques et les difficultés encore inconnues avec un projet si ambitieux mais théorique ? Au travers du programme Mercury, la NASA découvre le vol en orbite terrestre en plaçant un astronaute solitaire dans une sorte de petite boite inconfortable tout juste munie d’un hublot. Mais il fallait encore acquérir bien des expériences : rendez-vous et séparation de vaisseaux spatiaux, activités extra-véhiculaires, destinées à tester les possibilités d’activités humaines dans un milieu dénué de pesanteur et d’atmosphère. Pour cela le programme Gemini allait apporter toutes les réponses.

Les astronautes Gemini

Les astronautes Gemini

Mais les ambitions de ce programme sont elles aussi limitées. Deux hommes seulement peuvent prendre place dans la capsule, plus petite qu’une cabine téléphonique. C’est avec Gemini que doivent être testés le rendez-vous spatial et la marche dans l’espace, ainsi que le vol de longue durée, prémices à un voyage aller-retour sur la Lune. Mais ce programme n’offre en aucun cas la possibilité de s’échapper de l’orbite terrestre. Douze capsules, dont dix habitées seront lancées avec succès.

 

Anatomie de Gemini (lanceur et capsule)

Le lanceur utilisé pour le programme Gemini est la fusée Titan, un missile balistique intercontinental reconverti en lanceur de deux étages, pouvant mettre en orbite une charge utile de 3400 kg. Elle avait un poids total de 149,5 tonnes, pour une hauteur de 33 m et 3,05 m de diamètre.

Fusée Gemini -Titan

Fusée Gemini -Titan

Au sommet de ce lanceur trônait la capsule Gemini, prévue pour deux astronautes, assis côte à côte, avec un volume habitable de 2,55 m3. Les astronautes étaient sanglés sur leur siège et ne pouvaient même pas allonger leurs jambes. Frank Borman dira lors de son vol record sur Gemini 7 : « C’est comme être assis à l’avant d’un Volkswagen Coccinelle ». Une grande nouveauté par rapport à Mercury est que Gemini disposait de capacités de manœuvre orbitale importante et surtout pour la première fois dans l’histoire de l’astronautique, disposait d’un ordinateur embarqué qui pesait 27 kg.

Une autre nouveauté, est que la capsule Gemini n’était pas équipée d’une tour de sauvetage, comme pour Mercury ou Apollo. Les astronautes étaient placés dans des sièges éjectables, qui devraient être actionné en cas de danger. Une ouverture automatique des écoutilles leur aurait permis d’être catapultés en dehors du vaisseau spatial. Heureusement il n’y eut jamais à utiliser ce système !

Pour piloter cet engin, la NASA procéda le 17 septembre 1962 et le 18 octobre 1963 à de nouvelles sélections de pilotes. Comme pour le programme Mercury, il y eut beaucoup de candidats mais peu d’élus. En tout 16 astronautes sont retenus pour ce programme.

  • Les deux premiers vols de Gemini, Gemini 1 et 2 étaient des vols tests inhabités.
  • C’est le 23 mars 1965 que Gemini-Titan 3, prit son envol avec à son bord Gus Grissom et John Young, qui devinrent le premier tandem américain dans l’espace, en réalisant 3 orbites terrestre d’une durée de 4h53m. En référence à une comédienne en vogue à Broadway, Grissom donna le nom de « Molly Brown » à la mission. Ce n’était pas du gout de la NASA et ce fut la dernière fois qu’une mission était nommée par un astronaute. Ce ne sera qu’à partir d’Apollo 9 que les astronautes, avec l’approbation de la NASA, pourront à nouveau donner des noms à leurs vaisseaux spatiaux.
Ed White lors de la première EVA américaine

Ed White lors de la première EVA américaine

Le 3 juin 1965 ce fut au tour de James McDivitt et Edward Withe de réaliser 62 orbites à bord de Gemini-Titan 4. La NASA ayant interdit aux astronautes de Gemini 4 de donner à leur vaisseau spatial le nom de « American Eagle » suite à la polémique « Molly Brown » de Gemini 3, ils ont pour la première fois porté un « badge » représentant le drapeau américain, sur l’épaule gauche de leur combinaison spatiale. Dès lors tous les astronautes feront de même. Pendant cette mission, après la troisième orbite, Ed White réalise la première EVA (Extra Vehicular Activity), autrement dit il est devenu le deuxième humain après le russe Alexeï Leonov, et le premier américain à faire une sortie extra-véhiculaire d’une quinzaine de minutes, se déplaçant dans le vide grâce à un pistolet à jet de gaz et relié à la capsule par un cordon recouvert d’or, long de 7,50 mètres.

Ils revinrent sur Terre après un vol de 4j01h56m.

  • Gemini-Titan 5, lancé le 21 octobre 1965, réalisa 120 orbites avec à son bord Gordon Cooper et Charles Conrad. Ce furent les premiers américains à séjourner plus d’une semaine dans l’espace avec un vol de 7j22h56m. Conrad devient également le premier « tatoué » de l’espace. Il avait un tatouage sur l’avant-bras gauche, représentant une ancre et des étoiles, emblème de l’aéronavale dont il était pilote.
  • Puis ce fut au tour de Frank Borman et Jim Lovell, lancés le 4 décembre 1965 à bord de Gemini-Titan 7 de réaliser 206 orbites et d’établir le record du séjour le plus long pour les huit prochaines années avec un vol d’une durée de 13j18h35m. L’objectif de cette mission était d’étudier les effets de l’apesanteur sur une longue durée.

La sélection physique et surtout psychologique prend tout son sens pour cette mission. Passer deux semaines confinées dans 2,55 m3, il fallait le faire.

Si les astronautes des futurs missions Apollo pourront se déplacer dans leur vaisseau spatial, il n’en va pas de même pour Gemini, ils ne pouvaient ni se lever, ni même étendre leurs jambes !

Lovell et Borman à leur retourdu vol record de Gemini 7

Lovell et Borman à leur retour du vol record de Gemini 7

Compte tenu de l’exiguïté de la capsule, ils seront tout de même autorisés à enlever leurs combinaisons spatiales au bout du deuxième jour, et passeront le plus clair de la mission en caleçon long. Les innombrables électrodes et autres capteurs physiologiques posés sur les deux hommes rendront cette mission encore plus inconfortable. En plus, ils n’avaient pratiquement rien à faire pendant toute la mission. On imagine aisément ce que Borman et Lovell ont endurés et combien le temps a dû leur paraître long …

En parlant de son vol sur Gemini 7, Lovell dira que c’était un peu comme avoir passé deux semaines dans des latrines. Pour plusieurs raisons : la cabine était très exiguë, les odeurs, et en plus la rupture d’une poche d’urine !

Alors que l’équipage Borman-Lovell devait passer deux semaines autour de la Terre afin de démontrer entre autre que l’homme peut rester dans l’espace l’équivalent de la durée d’un voyage Terre-Lune, ils sont rejoints au 11ème jours par …

  • Gemini-Titan 6A piloté par Wally Schirra et Tom Stafford pour effectuer le premier rendez-vous de deux vaisseaux pilotés. Ils se rapprocheront jusqu’à 30 cm et voleront ainsi en formation pendant 7 heures. Le facétieux Schirra tendra devant son hublot une pancarte écrite à la main qui disait « BEAT ARMY » (à bas l’armée [de Terre]) à l’intention de Borman qui était diplômé de West Point, alors que Schirra, lui était de la Navy. Une référence au match annuel de football américain opposant la Navy et l’armée de Terre. Schirra et Stafford amerriront après 16 orbites au bout de 1j01h51m de mission.
Avec un volume de 2,55 m3 le vaisseau Gemini pouvait accueillir deux membres d'équipage

Avec un volume de 2,55 m3 le vaisseau Gemini pouvait accueillir deux membres d’équipage

Le 16 mars 1966 Neil Armstrong et Dave Scott décolèrent pour 6 orbites à bord de Gemini-Titan 8. Le but de la mission était l’amarrage avec la fusée Agena, qui n’est autre que l’étage supérieur de la fusée Titan et qui sert de vaisseau cible pour les exercices d’amarrage. Malheureusement, 27 minutes après l’amarrage, un moteur de l’OAMS (Orbite Attitude and Manœuvre System) de Gemini, bloqué en état de marche, provoque une rapide rotation de la structure Agena-Gemini. Pensant qu’il s’agissait d’un problème sur l’Agena, Armstrong s’en détache, mais le problème empire. Au bord de l’évanouissement Armstrong désactive tous les systèmes de l’OAMS et utilise les moteurs RCS (Recentry Control System) pour stabiliser le vaisseau spatial.

Ce faisant il utilise 75% du carburant de ce système. La mission fut donc avortée et Mission Control ordonna un « emergency splashdown » au bout de 10h41m de vol.

  • Pour Gemini-Titan 9, l’équipage initial prévu était Eliot See et Charles Basset. Le 28 février 1966, ils décollent à bord de leur avion biplace T38 de la base d’Elington au Texas pour se rendre à l’usine McDonell de Saint-Louis dans le Missouri. Derrière eux, suivent également dans un T38, l’équipage de réserve Tom Stafford et Gene Cernan. Ils doivent atterrir à Lambert Field, petit aérodrome adjacent à l’usine McDonell Aircraft Corporation où leur capsule Gemini 9 est préparée. De mauvaises conditions météo ont fait que See et Basset volait trop bas et lors de la phase d’approche, l’aile de leur T38 à heurté le hangar où était leur vaisseau Gemini 9, puis l’avion s’est écrasé quelques dizaines de mètres plus loin tuant sur le coup See et Basset. Dans le hangar, il n’y eut heureusement que des blessés légers.

Ce drame propulsa l’équipage de réserve Stafford-Cernan comme équipage principal de Gemini 9, qui fut renommé Gemini 9A et qui décolla le 3 juin 1965 pour 45 orbites soit 3j00h21m de mission au cours de laquelle Cernan effectua la deuxième EVA d’une durée de 2 heures, dans le but de tester le MMU (Manned Maneuvring Unit). Cet engin est une sorte de sac à dos rectangulaire de 69 kg et possédant une sorte de selle où l’astronaute pouvait prendre place. Il disposait de 12 petits propulseurs permettant l’orientation et la propulsion utilisant du peroxyde d’hydrogène.

Manœuvre physique s’il en est, car l’astronaute, lors d’une EVA, devait aller à l’arrière du vaisseau, où se trouvait fixé le MMU, puis devait l’endosser, après quoi il pouvait se déplacer librement en actionnant les petits propulseurs. Toutefois pour ce test, il était assuré par un ombilic de 38 mètres de long, qui le reliait à la capsule Gemini !

Buzz Aldrin en train de faire des travauxau cours d'une EVA.

Buzz Aldrin en train de faire des travaux au cours d’une EVA.

L’amerrissage de Gemini 9A fut le plus précis pour l’instant avec une erreur de moins de 700 mètres par rapport au point planifié.

  • Le 18 juillet 1966 décolla Gemini-Titan 10 avec à son bord John Young et Michael Collins. Le but de la mission, était un premier amarrage avec une fusée Agena puis un changement d’orbite pour réaliser un nouvel amarrage avec une autre Agena laissée par la mission précédente Gemini 8, sur une orbite à 763 km d’apogée. Durant cette mission, Collins effectuera deux EVA. L’équipage reviendra sur Terre après 43 orbites au bout de 2j22h47m de vol.
  • Gemini-Titan 11 décolla le 12 septembre 1966 avec Pete Conrad et Richard Gordon. Leur mission était un amarrage avec Agena et une montée sur une orbite avec un apogée à 1374 km. Cette altitude record pour un vol habité ne sera dépassée que par les missions Apollo. L’équipage revient sur Terre au bout de 44 orbites après un vol de 2j23h17m.
  • Le programme Gemini se termine avec le vol de Gemini-Titan 12. Jim Lovell et Buzz Aldrin décollent le 11 novembre 1966 pour 59 orbites et une durée de 3j22h24m. Avec les missions précédentes, le programme Gemini n’avait pas encore fait la démonstration que l’homme pouvait travailler facilement et efficacement à l’extérieur de son vaisseau. Au cours de plusieurs EVA, Aldrin effectua divers travaux de dextérité que les astronautes ont qualifié de « travail de singe ». Il a serré et desserré des boulons, scié des morceaux de métaux, assemblé et désassemblé des crochets et des mousquetons, dénudé des fils et réalisé des connections électriques etc… pour démontrer ce que peut faire un astronaute dans l’espace.

 

Conclusion

Entre 1963 et 1966, les missions Gemini ont rempli complètement les objectifs fixés et préparent le triomphe du programme Apollo.

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Les Etats-Unis, à travers ce programme, reviennent au niveau et même dépassent l’astronautique soviétique, qui jusque-là bénéficiait d’une avance considérable.

Jusqu’au bout, le programme Gemini aura été fertile en péripéties. Mais ses enseignements auront été de grande valeur.

A ce titre, Gemini entre dans l’histoire de l’astronautique comme une véritable « école de l’espace ».

Kennedy Space Center

Kennedy Space Center

Pour rendre possible les futurs missions lunaires, les États-Unis vont mettre en œuvre des moyens, tant matériels qu’humains inimaginables, en faisant sortir de Terre des infrastructures gigantesques, en rapport avec la démesure du projet lunaire. Les futurs missions Apollo vont nécessiter une base de lancement, sans commune mesure avec Cap Canaveral, utilisée jusqu’à présent pour le lancement des fusées Mercury et Gemini, qui fut créée en 1950 par l’US Air Force comme base de lancement des missiles à longue portée. C’est ainsi que la NASA décida de réaliser une nouvelle base, gigantesque, avec une superficie de 35’000 ha, sur Merritt Island de l’autre côté de la Banana River, qu’elle baptisera Cap Kennedy.

En 1964, l’ensemble des deux bases de lancement seront réunies sous le nom de Kennedy Space Center, en hommage au Président assassiné. En 1973, les habitants du Cap obtiennent que le site retrouve son nom d’origine et c’est ainsi que la base de lancement prendra le nom de Cap Canaveral Air Force Station.

En attendant la fin des travaux du complexe de lancement 39, les premières fusées tests du Programme Apollo, seront lancées de la base de Cap Canaveral. Le premier lancement d’un vol Apollo à partir du complexe 39 du Kennedy Space Center, aura lieu en 1967.

 

La course vers la Lune est ouverte !

Vous pourrez retrouver l’épopée de la course vers la Lune, dans l’excellent film aux quatre oscars de Philip Kaufman, « L’étoffe des héros », qui relate dans le détail l’aventure de Chuck Yeager et des astronautes de la mission Mercury. 

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